Candriam - Investissement à impact : priorité en déclin ou engagement durable ?

08/01/2026 - source : Patrimoine 24

L’investissement à impact permet d’aligner résultats tangibles et résultats financiers, offrant ainsi une voie potentielle pour restaurer la confiance dans la finance durable.

Les dynamiques évoluent et les priorités sont en cours de redéfinition. Gouvernements, entreprises et investisseurs réévaluent leurs allocations de capitaux. Dans ce contexte, l’investissement à impact est confronté à une question clé : reste-t-il un engagement de long terme ou risque-t-il de devenir une priorité secondaire ?1. L’heure du changement La fragmentation géopolitique redessine en profondeur les priorités mondiales. Les gouvernements qui plaçaient auparavant la durabilité et les risques climatiques au cœur de leurs agendas réorientent désormais leurs politiques vers la sécurité nationale, la résilience commerciale et la souveraineté technologique. Les entreprises sont contraintes de s’adapter rapidement, en sécurisant leur accès à l’énergie et aux matières premières critiques, en renforçant leur cybersécurité et en accélérant l’innovation technologique.Pourtant, le risque climatique devient un risque financier. La fréquence et la sévérité croissantes des événements climatiques extrêmes génèrent des pertes économiques substantielles à l’échelle mondiale, révélant des vulnérabilités tout au long des chaînes de valeur. Les modèles économiques doivent évoluer pour faire face aux contraintes sur les ressources naturelles, intégrer les risques climatiques et développer des infrastructures résilientes capables de fonctionner dans de nouvelles réalités environnementales.Alors que les budgets publics sont de plus en plus contraints, le rôle du capital privé devient encore plus essentiel. Le financement de la transition vers un modèle économique plus durable et plus sûr repose largement sur les investisseurs, et la demande continue de croître pour des stratégies d’impact capables de démontrer des contributions mesurables aux objectifs sociétaux et environnementaux. L’investissement privé n’est pas seulement complémentaire à l’action publique : il est déterminant pour permettre des transformations systémiques de long terme.2. Un nouveau chapitre s’ouvre pour l’investissement à impact

Les investisseurs s’orientent de plus en plus vers des stratégies axées sur les résultats, capables de démontrer ce que les capitaux permettent de réaliser concrètement, et non plus seulement ce qui est mesuré. Les résultats tangibles deviennent essentiels pour les investisseurs, et les stratégies à impact constituent l’un des moyens les plus efficaces de répondre à cette exigence.La première décennie de l’investissement à impact a permis de mieux sensibiliser les investisseurs aux externalités et d’aligner de manière plus directe le capital sur des objectifs de durabilité globaux. La phase actuelle est celle de l’exécution : financer des entreprises et des projets répondant à des besoins concrets en matière d’énergie, d’efficacité des ressources, de santé, d’éducation, d’inclusion numérique et d’infrastructures sociales.L’investissement à impact évolue vers une discipline plus rigoureuse, fondée sur les éléments suivants :

L’intentionnalité – des objectifs clairs et des théories du changement explicites. La mesurabilité – des scénarios de référence définis, des ICP pertinents[1] et une vérification indépendante. La responsabilité – des incitations et une gouvernance reliant les résultats aux conditions financières. Une logique économique solide – des stratégies visant des rendements compétitifs, non concessionnels.

Les stratégies à impact sur les actions et les obligations cotées se développent via des allocations ciblées et un engagement actionnarial actif. Des défis majeurs subsistent toutefois : démontrer l’additionnalité (la valeur incrémentale) sur les marchés cotés et garantir la cohérence et la fiabilité des données d’impact. Les actifs cotés peuvent étendre l’impact à grande échelle, mais les marchés privés offrent encore les leviers les plus puissants en matière d’intentionnalité et de mesure de l’impact.Les actifs à impact sous gestion sur les marchés privés n’ont cessé de croître ces dernières années, alors même que le discours global sur la durabilité est devenu plus contesté. Sur les marchés privés, actuellement le segment le plus important de l’investissement à impact, les encours ont progressé à un rythme d’environ 21 % par an sur les cinq dernières années,[2] démontrant que le capital ne se retire pas, mais se recentre sur des stratégies où l’impact peut être démontré et aligné avec une performance financière de long terme.

3. Pourquoi les marchés privés se prêtent particulièrement bien à l’investissement à impact

Dans cet environnement en cours de maturation, les marchés privés – et en particulier le private equity (capital-investissement) – s’imposent comme l’un des leviers les plus efficaces pour générer de l’impact. Quatre caractéristiques expliquent plus particulièrement la pertinence du capital privé :

Influence et accès : Les droits de gouvernance du private equity et les covenants (clauses restrictives) en dette privée placent les investisseurs directement aux leviers opérationnels du changement. L’actionnariat actif n’est pas optionnel, il est structurellement intégré. Personnalisation : Les instruments de financement intègrent des ICP matériels (tC02e/tonne,[3] kWh/m2,[4] pertes d’eau, indicateurs sociaux liés à la main-d’œuvre, données de recyclage), avec des niveaux de référence clairement définis, des exigences de vérification et des trajectoires progressives. Additionnalité : A l’origine, l’investissement à impact finançait des projets qui n’auraient autrement pas trouvé de financement, contribuant à la prise de conscience des enjeux. Aujourd’hui, les considérations d’impact deviennent des moteurs centraux des décisions des entreprises, qu’il s’agisse de l’électrification, d’efficacité industrielle, de matériaux circulaires ou de systèmes de distribution d’eau. Ajustement et mesure de l’horizon temporel : Les périodes de détention pluriannuelles s’alignent avec le temps nécessaire à de véritables transformations. Les cadres de reporting propres aux marchés privés donnent accès à des données granulaires, ce qui rend l’impact auditable, comparable et exploitable pour la prise de décision des investisseurs et des parties prenantes.

Ces caractéristiques expliquent pourquoi une part croissante du capital à impact est investie dans des stratégies privées : elles offrent une visibilité plus claire de la trajectoire entre le capital engagé et les résultats obtenus.

 

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À propos de Candriam

Candriam, qui signifie "Conviction AND Responsibility In Asset Management", est un gestionnaire d’actifs mondial multi-spécialiste. Pionnier et leader dans le domaine des investissements durables depuis 1996, Candriam gère environ 155 milliards d’euros d’actifs et s’appuie sur une équipe de plus de 600 professionnels. La société dispose de centres de gestion à Luxembourg, Bruxelles, Paris et Londres et ses responsables de clientèle couvrent plus de 20 pays dans toute l'Europe continentale, au Royaume-Uni, aux États-Unis et au Moyen-Orient. Candriam propose des solutions d'investissement dans plusieurs domaines clés : obligations, actions, gestion alternative et stratégies d’allocation d'actifs, avec une gamme large et innovante de stratégies ESG couvrant toutes ces classes d'actifs.

Candriam est une société du groupe New York Life Investments. New York Life Investments se classe parmi les principaux gestionnaires d’actifs mondiaux.