Sans surprise, la BCE a laissé ses taux inchangés le 18 décembre dernier. Une réunion de politique monétaire à l’issue balisée, qui aura toutefois laissé apparaître quelques subtilités. Et une question qui demeure : que nous réserve 2026 ?
Florent Wabont, Economiste chez Ecofi
La BCE a de nouveau laissé ses taux inchangés le 18 décembre dernier. Le taux de facilité de dépôt se situe donc toujours à 2 % (contre 3 % à fin 2024), le taux de refinancement à 2,15 % et le taux de prêt marginal à 2,40 %. En parallèle, la BCE a révisé à la hausse ses prévisions de croissance et d’inflation. La croissance du PIB est attendue à 1,4 % en 2025 (projection en hausse de 0,2 % comparée à l’exercice de septembre), 1,2 % pour 2026 (+0,2 %), 1,4 % pour 2027 (+0,1 %) et à 1,4 % pour 2028. L’inflation totale est quant à elle anticipée à 2,1 % pour 2025, 1,9 % pour 2026 (+0,2 %), 1,8 % en 2027 (-0,1 %) et 2 % en 2028. À horizon inchangé, l’inflation hors énergie et alimentation est prévue à 2,4 % ; 2,2 % (+0,3 %) ; 1,9 % (+0,1 %) et 2 %. Les éléments de langage utilisés durant la conférence de presse ont été fidèles à ceux des précédentes réunions.
Selon Christine Lagarde, les taux directeurs sont « bien positionnés ». La résilience de l’économie européenne en dépit des droits de douane a également été saluée. L’incertitude entourant les prévisions est jugée élevée et la BCE reste dépendante des données. Interrogée sur la possibilité d’une hausse des taux dans un avenir plus ou moins proche – comme l’a suggéré Isabel Schnabel (économiste allemande et membre du directoire de la BCE) la semaine dernière –, Christine Lagarde a préféré temporiser, indiquant qu’aucun chemin n’était prédéfini.
L’issue de cette réunion s’est révélée conforme à nos attentes. Puisque la fin d’année approche à grands pas et que l’heure est aux bilans, il nous paraît utile de revenir sur l’évolution de notre scénario. Forts de notre optimisme concernant la croissance en zone Euro et de nos anticipations sur la trajectoire de l’inflation, nous avions, en début d’année, prévu un atterrissage du taux de facilité de la BCE à 2,25 % ou 2 % – contrairement au consensus, qui tablait sur davantage de baisses de taux. Les annonces tonitruantes de Donald Trump en matière de droits de douane nous ont ensuite poussés à abaisser de 0,25 % ces prévisions, en envisageant une borne basse située à 1,75 % – contrairement, une fois encore, aux anticipations du consensus. Nous avons ensuite évacué cette idée et la grande majorité du consensus a rejoint la perspective d’un atterrissage à 2 %. Sur un horizon de six mois, le statu quo demeure notre scénario central. À douze mois en revanche, et comme évoqué ces dernières semaines (avant les propos d’Isabel Schnabel), nous n’excluons pas la possibilité d’une hausse des taux en fin d’année 2026, mais il est encore trop tôt pour l’envisager fermement.
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Par Florent Wabont, Economiste chez Ecofi
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