La thématique de l’intelligence artificielle a, une fois encore, rythmé les mouvements de marché durant le mois. Les grands noms du secteur de la technologie – les célèbres « 7 magnifiques » – ont enregistré des performances négatives en raison de craintes concernant leurs dépenses dans les infrastructures d’IA, de doutes sur leur capacité à en obtenir un retour sur investissement, et de leur niveau de valorisation jugé élevé. Parallèlement, de nombreuses entreprises cotées, notamment dans le segment des logiciels, ont tour à tour souffert de la montée en puissance des « agents IA » développés à bas coût et susceptibles de disrupter leur domaine d’activité et leur positionnement concurrentiel.
Florent Wabont, Economiste chez Ecofi
Le mouvement a ensuite été amplifié avec la publication d’un rapport fictionnel par un cabinet de recherche indépendant, relatant un monde où les avancées de l’IA auraient conduit à un chômage de masse et une chute des marchés financiers en 2028. Si le secteur de la technologie et les sous-segments connexes ont été malmenés en bourse, le reste de la cote (actions européennes, japonaises et américaines hors technologie…) a, en revanche, continué de progresser. En parallèle de ces développements, le marché de l’emploi américain a montré des signes d’amélioration et l’inflation est restée « collante ». En zone Euro, la BCE a de nouveau opté pour le maintien de sa politique monétaire tandis que les données d’activité convergent de plus en plus vers l’idée d’une reprise cyclique étendue. Enfin, en toute fin de mois, le risque géopolitique a considérablement augmenté avec les frappes américaines et israéliennes sur l’Iran (opération « Epic Fury »). Retour sur un mois de février particulièrement intense.
En zone Euro, les données économiques publiées en février ont renforcé l’idée d’une reprise cyclique étendue, une thèse que nous avions défendue lors des deux précédents numéros du Mensuel. L’indicateur de confiance des directeurs d’achat (indice PMI) du secteur manufacturier a notamment renoué avec le territoire d’expansion de l’activité (indice > 50) d’après les données préliminaires pour février, atteignant ainsi son niveau le plus haut depuis 44 mois. Bien sûr, les précautions d’usage demeurent, en rappelant qu’un point de données ne constitue pas une tendance.
Il pourrait néanmoins s’agir de l’inflexion tant attendue pour le secteur manufacturier en zone Euro. Dans ce contexte, notre scénario tablant sur un prolongement du statu quo de la BCE au cours des six prochains mois et sur la possibilité d’une hausse des taux à horizon 12-18 mois demeure inchangé (le lecteur retrouvera notre analyse détaillée ici).
[...] notre scénario tablant sur un prolongement du statu quo de la BCE au cours des six prochains mois et sur la possibilité d’une hausse des taux à horizon 12-18 mois demeure inchangé.
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Par Florent Wabont, Economiste chez Ecofi
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