Innover sans trahir son ADN mutualiste

01/06/2025 - source : Investissement Conseils

Renforcer sa présence sur le terrain, digitaliser ses contrats et élargir son offre d’unités de compte : MMA Expertise Patrimoine tire les fruits de son plan de développement initié il y a deux ans. Résultat : une collecte en hausse de plus de 50 % à 600 millions d’euros et cent-quarante nouveaux partenariats noués l’an passé. Une belle dynamique qui se poursuit depuis le début de l’année. Entretien avec Yoann Moulin, directeur des réseaux vie de Covéa, et Denis Carletti, responsable national du réseau MMA Expertise Patrimoine.

Innover sans trahir son ADN mutualisteInvestissement Conseils : Quelle place tient MMA Expertise Patrimoine au sein de Covéa ?Yoann Moulin : MMA Expertise Patrimoine est une chance pour les réseaux vie de Covéa. La plate-forme nous permet, en effet, d’être réactifs par rapport à la concurrence. Par exemple, cela nous a permis de rapidement mettre en place une politique de taux boosté pour nos réseaux MMA, dès février 2024, et Maaf, dès avril 2024. Par ailleurs, nous nous inspirons des demandes des CGP pour enrichir l’offre d’unités de compte de nos différents canaux de distribution, notamment sur les produits structurés et les produits de taux. D’un point de vue chiffré, MMA Expertise Patrimoine représente 600 millions d’euros de chiffre d’affaires, soit 17 % de la contribution au chiffre d’affaires du groupe Covéa sur un total de 3,6 milliards d’euros. Les réseaux des conseillers financiers de la direction assurance-vie, le réseau des agences Maaf, GMF, MMA ou encore la vente à distance, viennent renforcer le dispositif. Au sein du groupe, MMA Expertise Patrimoine est aussi le leader en termes de chiffre d’affaires sur les unités de compte et en produits retraite. C’est aussi, et de loin, le canal de distribution qui enregistre le plus grand nombre d’affaires nouvelles et qui capte les plus beaux dossiers patrimoniaux.

Quels sont les atouts pour MMA Expertise Patrimoine d’appartenir à Covéa ?Denis Carletti : MMA Expertise Patrimoine profite indéniablement de la puissance du groupe avec ses trois marques reconnues sur le marché (Maaf, MMA et GMF) et sa solidité financière. Pour les courtiers et CGP, notre plate-forme est le seul point d’accès à la force du groupe Covéa, plébiscité pour sa gestion de bon père de famille.

Que représente aujourd’hui MMA Expertise Patrimoine en termes d’encours et de collecte ?Y. M.  : Nous avons réalisé une croissance à deux chiffres l’an passé (plus de 50 %), avec une collecte qui a atteint 600 millions d’euros, et un équilibre entre unités de compte et fonds en euro, pour 7 milliards d’euros d’actifs sous gestion.D. C. : Depuis le début de l’année, nous suivons le même trend de progression, avec 200 millions d’euros collectés sur les quatre premiers mois de l’année, portés notamment par une nouvelle campagne de taux boosté. Néanmoins, les CGP restent friands des unités de compte qui représentent 56 % de la collecte depuis le début de l’année. Nous observons également un retour sur le contrat de capitalisation pour les personnes morales non commerciales attirées par notre fonds en euro et des produits structurés de taux.

Comment expliquez-vous cette belle croissance ?D. C. : Notre plan de développement initié en 2023 a porté ses fruits dès l’année suivante. Notre stratégie a reposé sur trois axes : - assurer un maillage territorial total afin d’avoir une relation de proximité avec nos partenaires. Désormais, ce sont vingt-deux inspecteurs qui accompagnent les CGP et courtiers sur le terrain, assistés de treize personnes chargées des relations partenaires basés en région et en charge du middle-office ; - proposer un outil de gestion totalement digitalisé fiable et performant sur l’ensemble des actes de souscription et de gestion des contrats, y compris les plus anciens. Cet élément était en effet indispensable pour certains et nos outils sont en constante évolution. Ce travail de digitalisation nous a conduits également à mettre en place des passerelles pour assurer une fluidité de service avec les plus grosses structures qui ont su déployer leurs propres infrastructures de gestion ; - et élargir notre gamme d’unités de compte. Trois fois par an, nous réunissons un comité en charge de sélectionner les nouvelles unités de compte que nos partenaires souhaitent voir référencées, notamment de nombreux fonds obligataires à échéance, mais aussi des fonds obligataires ou des fonds actions internationales. De la même manière, nous déployons nos propres campagnes de produits structurés. Rappelons que les supports en unités de compte présentent un risque de perte en capital supporté par l’adhérent. Autant d’éléments qui ont contribué à notre croissance, laquelle a été portée également par la mise en place de cent-quarante nouveaux partenariats actifs avec des cabinets de gestion de patrimoine.Y. M.  : D’autres éléments expliquent notre progression comme le retour en force du fonds en euro qui répond au besoin de sécurité des épargnants et les deux campagnes de taux boosté mises en place l’an passé. En 2025, une première campagne a été menée jusqu’à fin mai.

Quelle est votre politique en matière de référencement des produits structurés ?D. C. : Nous créons toujours les produits que nous référençons, même sur des offres dédiées. Pour cela, nous travaillons en direct avec les émetteurs, sur des indices de qualité et suffisamment diversifiés. Nous retrouvons ici notre ADN de mutualiste qui place la sécurité et la lisibilité pour l’épargnant au cœur de ses préoccupations.

Qu’en est-il du référencement de solutions d’actifs non cotés (Private Equity, Private Debt et infrastructure) ?Y. M.  : La réflexion est en cours. Pour 2026, nous réfléchissons à une offre qui répondra aux attentes de nos partenaires et qui entre dans le cadre de la loi industrie verte. Si l’intégration de fonds de Private Equity va dans le sens de l’histoire, nous sommes très vigilants aux solutions que nous référencerons. Quels sont vos objectifs ?D. C. : Notre volonté est de continuer à surfer sur notre bon développement en nouant des relations avec une centaine de nouveaux partenaires qui apprécient notre proximité sur le terrain. Notre marché est porteur, avec de nombreux cabinets qui se créent. Ces nouveaux entrants, souvent jeunes, se développent rapidement et ont des idées nouvelles. Ils apportent un vrai dynamisme et nous challengent au quotidien dans notre capacité à innover.

Comment sélectionnez-vous ces nouveaux partenaires ?D. C. : Leur bonne conformité à la réglementation est indispensable. Nous observons donc la façon dont ils sont organisés en matière de lutte contre le blanchiment, leurs procédures de réclamation client, le suivi des formations obligatoires… La protection des clients est fondamentale. Par ailleurs, en aucun cas nous ne leur imposons des objectifs de production, mais nous évoquons avec eux des ambitions communes de développement.