Compétences

Bourse

J. Safra Sarasin - Une nouvelle ère pour l’investissement durable

18/09/2025 - source : Patrimoine 24

L’incertitude est peut-être la seule constante actuellement sur les marchés financiers. Les investisseurs et les professionnels sont confrontés à la difficulté de distinguer le signal du bruit dans un environnement marqué par l’évolution rapide des réglementations, les progrès technologiques et les attentes changeantes de la société. Le succès de la gestion d’actifs ne tient pas à une formule statique, mais à une approche rigoureuse conjuguant recherche systématique, gestion pragmatique des risques et compréhension évolutive des véritables moteurs de la valeur à long terme. 

 Dans cette édition du Global View, Philipp Bärtschi, directeur des investissements, et Daniel Wild, directeur du développement durable, mettent en évidence les progrès et les défis auxquels est confronté l’investissement durable. Leur principal message est que l’intégration des critères ESG reste fondée sur des arguments rationnels, mais que le paysage de l’investissement durable est plus complexe que jamais. Les défis en matière de performance, la diversité des environnements réglementaires et l’évolution des attentes des clients contribuent à un certain scepticisme et à une vigilance accrue sur le marché. Si l’investissement durable est devenu une norme, les approches pour obtenir un véritable impact diffèrent considérablement. Ce qui ressort, c’est le besoin de transparence, de progrès mesurables et d’adaptabilité. Tous les clients n’ont pas les mêmes priorités en matière de durabilité, de sorte qu’une approche unique ne fonctionne plus. Au contraire, afin de préserver à la fois la crédibilité et la pertinence, il importe de comprendre les motivations et les besoins des différents investisseurs, tout en leur expliquant clairement les opportunités et les contraintes liées aux considérations ESG. 

Cette compréhension évolutive de la création de valeur se reflète dans notre approche de la recherche et de la sélection des fonds. Adam Mika explique que se contenter d’essayer de dénicher les fonds «les mieux classés» ne suffit pas. Une véritable sélection des fonds commence par une définition minutieuse du groupe de référence et une analyse quantitative rigoureuse des rendements, des risques, des pertes maximales, des frais et, surtout, de la cohérence des performances au cours des différentes phases du marché. Cependant, les chiffres ne sont qu’un point de départ. Le travail du sélectionneur s’apparente à celui d’un entraîneur de football: il ne s’agit pas seulement de choisir les meilleurs talents, mais aussi de constituer des équipes capables de résilience et d’adaptabilité en combinant divers bons éléments pour créer un ensemble solide. L’analyse qualitative (comprendre la philosophie d’un gérant de fonds, examiner la stabilité de l’équipe et vérifier rigoureusement la cohérence entre la stratégie déclarée et les positions) est tout aussi importante pour la réussite à long terme que n’importe quel indicateur de performance. La discipline est à ce titre essentielle, en particulier lorsque le marché change de rhétorique ou lorsqu’un fonds traverse une période de sous-performance. Le courage de rester fidèle à une stratégie soigneusement étudiée ou de se tenir à l’écart des tendances du moment nécessite un jugement affiné par l’expérience et un dialogue transparent. Notre étroite collaboration avec l’équipe ESG interne joue un rôle central dans ce processus: chaque allégation en matière de durabilité est examinée minutieusement et nous sommes pleinement conscients du risque croissant de «greenwashing» dans le secteur. 

La profondeur de l’analyse joue un rôle singulièrement important dans le secteur de la santé. Dans un contexte de progrès scientifiques rapides – à l’instar des nouveaux traitements des maladies cardiovasculaires – seules des recherches approfondies et une évaluation critique permettent d’identifier les opportunités d’investissement solides et d’éviter les pièges du battage médiatique. Comme dans notre processus global, la capacité à faire le lien entre les avancées scientifiques et des investissements concrets fait intervenir à la fois l’évaluation quantitative et l’appréciation qualitative. L’IA fait de plus en plus partie de nos instruments d’analyse, offrant de nouvelles façons d’agréger les données et de mettre en évidence des tendances. Mais comme dans tous les domaines, la technologie est un outil qui ne remplace pas l’expertise humaine, le contexte et l’appréciation éthique. In fine, la création de valeur durable pour le client est le fruit de l’interaction entre un jugement affiné, la transparence et l’adaptabilité.

Pour consulter la publication de J. Safra Sarasin, veuillez cliquer ICI. 

 

J Safra Sarasin

 

Pour accéder au site de J. Safra Sarasin, cliquez ICI.