Le groupe Patrimmofi entre dans une nouvelle ère

01/10/2025 - source : Investissement Conseils

Soutenu durant quatre années par le fonds de Private Equity d’Andera Partners, le groupe Patrimmofi s’associe sur le long terme avec le groupe Vyv, premier acteur mutualiste de santé et de protection sociale en France. A cette occasion, la gouvernance évolue : Georges Nemes, fondateur du groupe, cède la présidence à Stéphane Peltier, l’actuel directeur général, mais il reste présent auprès des équipes et siège au conseil de surveillance. Ensemble, ils nous présentent les raisons de cette opération aux objectifs ambitieux.

Le groupe Patrimmofi entre 01Investissement Conseils : En cette rentrée, vous avez décidé de changer d’actionnaire. Pour quelles raisons ? Georges Nemes  : Andera Partners est entré majoritairement à notre capital en 2021, avec un horizon d’investissement de quatre à six ans. Dès la quatrième année, ils ont souhaité externaliser leur plus-value, car nous avions largement dépassé nos objectifs, avec une croissance bien supérieure à celle du marché. Alors que nous visions le milliard d’euros d’actifs sous gestion, nous dépassons aujourd’hui les 3 milliards d’euros d’encours, réalisons 400 millions d’euros de collecte brute annuelle avec cent-vingt collaborateurs !Stéphane Peltier : Dans le contexte actuel d’accélération de la consolidation du marché des conseils en gestion de patrimoine, les candidats étaient nombreux. Nous avons cherché un acteur qui avait véritablement du sens pour nous, en phase avec notre projet et notre culture entrepreneuriale. Nous avons eu des échanges très riches avec le groupe Vyv, et le choix a été tout de suite évident !Pour quelles raisons avez-vous opté pour le groupe Vyv ?S. P.  : Groupe Vyv nous apporte tous les avantages d’un LBO avec des atouts supplémentaires : sa capacité à financer notre croissance sur ses fonds propres, sans avoir recours à d’autres instruments à effet de levier, et sa volonté d’implication sur le très long terme. Nos perspectives de création de valeur sont donc supérieures à ce que nous pourrions espérer avec un simple fonds de Private Equity. Mais l’élément fondamental de notre choix va bien au-delà de l’aspect financier : nous avons rencontré une équipe de direction passionnée, comme nous, avec une même vision humaine et engagée, une même ambition d’élever les standards de qualité du conseil et de l’offre produits, toujours vers davantage d’excellence au service de nos clients. Nos concurrents et confrères qui nous connaissent bien ont d’ailleurs salué la pertinence de cette opération.G. N. : Avec le groupe Vyv, nous avons retrouvé la notion de temps long, ce qui nous importait beaucoup car nous sommes tous des entrepreneurs – plus d’un collaborateur sur deux est aujourd’hui actionnaire du groupe. Nous avons connu une croissance exceptionnelle, et aujourd’hui nous voulons nous doter d’outils pour passer à la vitesse supérieure, développer le digital, doper le recrutement et aussi accroître le nombre et la qualité des sessions de formation. Toujours avec le même objectif : avoir les meilleurs outils pour consacrer davantage de temps à nos clients…Justement, outre ce changement d’actionnaire de référence, votre gouvernance évolue…G. N. : Après avoir fondé et présidé le groupe, j’ai souhaité confier mon poste de président à Stéphane. Pour autant, je reste proche du groupe et de sa direction, je vais siéger au conseil de surveillance et je deviens président d’honneur. De plus, j’ai réinvesti au sein de Patrimmofi, ce qui prouve ma confiance en la réussite de cette nouvelle page de notre histoire et en la qualité des hommes en place. S. P. : J’ai en effet la fierté de prendre la succession de mon mentor que j’ai rejoint en 2018, aux côtés duquel j’ai œuvré au succès du groupe et à sa croissance avec Andera Partners. A moi de prendre le relais ! Pour cela, je serai épaulé de deux directeurs généraux adjoints, Jérémy Aras, déjà en poste, et Benjamin Surville, qui sera davantage en charge de notre stratégie financière et de notre croissance externe. Le modèle d’intégration des cabinets va-t-il évoluer ? G. N. : Non, il reste très entrepreneurial. D’ailleurs, lors de chaque évolution capitalistique, nous avons souhaité faire monter nos collaborateurs à notre capital, et tous ont réinvesti à l’occasion de cette nouvelle opération. S. P. : Pour l’acquisition de cabinets, nous resterons donc sur le même schéma : Chaque dirigeant réinvestit une part de son produit de cession au capital du groupe et devient un « dirigeant entrepreneur associé ». Dans tous les cas, nous resterons très sélectifs : sur les deux-cent-cinquante dossiers que nous avons analysés par le passé, seuls vingt ont fait l’objet d’une LOI et dix-huit ont été finalisés. Néanmoins, notre modèle évolue : notre maillage national nous permet désormais de réaliser des acquisitions, en particulier de cabinets de plus petite taille, inférieurs à 100 millions d’euros d’encours, directement via nos filiales, offrant ainsi à nos associés de nouvelles perspectives d’évolution. Quels sont vos objectifs ?S. P. : Jusqu’à présent, la croissance organique de nos encours s’élève à +12 % par an, ce qui témoigne de la confiance que nous accordent nos clients, de leur fidélité et de notre capacité à en conquérir de nouveaux. Nous allons tout mettre en œuvre pour soutenir ce rythme de développement et, en parallèle, accélérer notre croissance externe, avec comme objectif d’atteindre les 10 milliards d’euros d’actifs sous gestion d’ici quatre ans. G. N. : Cela devrait donc se traduire par des acquisitions à hauteur de 5 milliards d’euros, d’ici 2029, toujours avec la volonté de réunir des talents plutôt que des encours.Pourriez-vous acquérir un de vos confrères consolidateurs ? S. P. : Nous ne sommes fermés à aucune opportunité. Si nous le faisons, ce ne sera pas pour atteindre les 10 milliards d’encours mais pour aller bien au-delà !Cela passera-t-il également par l’acquisition d’une société de gestion ? S. P. : Cela ne fait pas partie de nos objectifs actuels. Nous n’avons pas, à ce jour, de logique d’intégration verticale pour améliorer notre rentabilité, mais nous cherchons tous les moyens d’apporter à nos clients de meilleures performances financières. Comptez-vous mettre en place des synergies produits avec le groupe Vyv ? G. N. : Notre volonté est toujours d’innover et de créer des produits différenciants pour nos clients. Si cela peut se faire avec le groupe Vyv, nous le ferons. Mais, en aucun cas, nous n’avons d’obligation dans ce domaine. S. P. : Nous sommes très enthousiastes à l’idée de découvrir ce qui pourrait ressortir de ce creuset d’idées, en particulier dans le domaine de la prévoyance et de l’épargne-retraite…Comptez-vous unifier vos marques ?S. P. : La marque forte existe déjà : c’est Groupe Patrimmofi. Même si nos structures conservent leur identité régionale, la marque nationale est omniprésente. Nous ne sommes donc pas pressés d’unifier l’ensemble, car chaque entité officie sous son propre nom, tout en affirmant clairement son appartenance au groupe. En revanche, nous travaillons à la création d’une marque dédiée à la gestion de fortune : plus de la moitié de nos encours provient de clients qui nous confient plus d’un million d’euros, et nombreux sont ceux qui nous confient plus de dix millions d’euros. Avec cette marque dédiée à une clientèle fortunée, nous voulons mettre en lumière notre expertise dans ce domaine, jusqu’à présent trop discrète. 

Un fondateur visionnaire

Delphine Maisonneuve, directrice générale du groupe Vyv, nous explique pourquoi le spécialiste de la santé et de la protection sociale prend une participation de long terme au sein de la société fondée par Georges Nemes. Le groupe Patrimmofi entre 02Investissement Conseils : Pour quelles raisons avez-vous pris une participation au sein de Patrimmofi ? Delphine Maisonneuve  : Le groupe Vyv a deux métiers historiques : la santé et la prévoyance, En 2023, notre conseil d’administration a acté l’ambition de diversifier nos activités vers l’épargne et la retraite, en proposant tout d’abord aux adhérents de nos mutuelles d’accéder à des offres dédiées, accessibles, performantes et responsables. Par ailleurs, nous souhaitons élargir notre champ d’action vers l’épargne patrimoniale, avec deux objectifs : en tant qu’assureur, mais aussi en prenant pied sur le conseil en participant à la consolidation du marché des conseillers en gestion de patrimoine. Nous avions déjà initié des partenariats stratégiques via l’UMR avec de grands réseaux et des CGP. Concernant Patrimmofi, nous avons été séduits par la qualité de l’équipe dirigeante, la réussite des équipes ces quatre dernières années, mais aussi par le modèle entrepreneurial singulier de la plate-forme. Nous recherchions un partenaire de long terme, au sein d’une structure dynamique, indépendante et tournée vers la qualité de service clients. Les performances de Patrimmofi et la vision de son fondateur nous ont convaincus. L’équipe de direction a démontré sa capacité à attirer des CGP talentueux et à favoriser leur développement, tout en préservant leur esprit entrepreneurial.Quel est votre horizon d’investissement pour le groupe Patrimmofi ?Nous nous inscrivons dans une relation de long terme avec Patrimmofi, sur une durée bien supérieure à cinq ans. Cet engagement a d’ailleurs été un élément clé pour l’équipe dirigeante, car il leur donne la visibilité nécessaire pour déployer leur stratégie de croissance, à la fois organique et externe, à laquelle nous adhérons pleinement. Les ambitions sont élevées, mais l’équipe a déjà démontré sa capacité à dépasser ses objectifs. Faire un business plan est une chose, le transformer en résultats concrets en est une autre. Avec Andera, Patrimmofi a prouvé qu’il savait délivrer. Ce modèle a désormais toutes les cartes en main pour s’accélérer dans un marché de l’épargne en pleine expansion. Avez-vous des ambitions à l’international ?Ce n’est pas d’actualité. Le marché français de l’épargne patrimoniale est en forte croissance et offre déjà de nombreuses perspectives. Patrimmofi est un modèle attractif pour des professionnels du patrimoine en développement, et non en fin de carrière. Notre priorité reste aujourd’hui le marché français, suffisamment vaste et porteur.Quelles synergies produits avez-vous identifiées ?Les synergies produits ne constituent pas notre motivation première. En revanche, si nous avons l’opportunité de construire une offre adaptée aux attentes des clients de Patrimmofi – par exemple en matière de retraite –, nous saurons la saisir. Ce qui nous a avant tout séduits chez Patrimmofi, c’est la qualité de son conseil s’appuyant sur son modèle d’architecture ouverte. Pour le groupe Vyv, cette prise de participation est également une façon de mieux comprendre les attentes de la clientèle patrimoniale et des CGP, qui ne sont pas aujourd’hui notre cœur d’activité. Cela nous permettra de progresser plus rapidement sur ce marché.