Les actions américaines restent incontournables

01/04/2025 - source : Investissement Conseils

Les actions américaines offrent une combinaison de rendements potentiellement élevés, une diversification géographique, un accès à des entreprises technologiques et de croissance, ainsi qu’un environnement financier stable et transparent. Souvent libellée en dollars, la classe d’actifs peut aussi protéger contre les fluctuations monétaires. Revue de détails.

Trop chères, les actions américaines ? Certes, leur différence de valorisation avec l’Europe n’a jamais été aussi criante. A fin 2024, l’indice MSCI USA valait vingt-deux fois les résultats attendus en 2025, ce ratio étant de treize fois seulement pour le MSCI Europe. Mais tirer de ce constat la conviction qu’il faut préférer l’Europe en 2025 est un pari audacieux. Du reste, il a déjà été fait début 2024 par nombre de prévisionnistes. Avec des résultats désastreux ! Quant à l’argument qui consisterait à dire qu’après deux millésimes aussi florissants – les actions américaines ont eu une progression avoisinant les 25 % en 2023 comme en 2024 –, la correction serait inévitable, il n’est pas spécialement pertinent. « Une telle situation est déjà survenue plusieurs fois historiquement, avec des suites très diverses », rappelle Alexandre Hezez, stratégiste du groupe Banque Richelieu. Les deux très bonnes années 1935 et 1936 avaient été suivies d’un plongeon de 39 % en 1937. A l’inverse, après 34 % de hausse en 1995 et 20 % en 1996, le S&P avait enchaîné avec une nouvelle hausse de 31 % l’année suivante. « La raison pour laquelle il faut continuer d’investir dans les actions américaines, c’est que la croissance est là-bas, résume Alexandre Hezez. Il est même possible qu’on sous-estime l’effet Trump sur le potentiel de l’économie pour 2025. Le consensus est autour de 2,2 à 2,3 %, mais un chiffre de 2,6 à 2,8 % est atteignable. Nous pensons que la performance du marché peut rester bonne cette année tout en étant plus homogène qu’en 2024, où elle a été concentrée sur quelques noms. » Le seul vrai risque serait un dérapage des taux. Mais le consensus des investisseurs en faveur des USA peut tout à fait durer quelque temps. « Tant que les fondamentaux ne déçoivent et que les Etats-Unis continuent à démontrer leur capacité à créer des champions, il n’y a pas de raison de sortir de ce marché, d’autant qu’il pèse plus de 70 % du marché mondial des actions », conclut Alexandre Hezez.

A jouer sur indicesLes actions americaines 01Les actions américaines sont plus que jamais le marché directeur, et leur parcours sur la dernière décennie démontre à quel point elles sont incontournables. « Il y a encore cinq ou dix ans, les grands investisseurs institutionnels français avaient une forte préférence pour les marchés domestiques, français ou européens, rappelle Benoît Sorel, directeur du métier ETF, indiciel et smart beta d’Amundi. Aujourd’hui, leur approche est devenue véritablement mondiale : ils réfléchissent en termes d’allocation globale et les benchmarks de marché induisent une exposition significative, de l’ordre de 70 %, aux actions américaines. » Et on les comprend bien. Sur les quinze dernières années, le S&P 500 a battu douze fois l’indice MSCI des actions européennes : une surperformance quasiment « chronique » ! Mais quel type d’outil choisir pour investir sur le difficile marché américain ? Année après année, les études SPIVA, pour S&P Indices Versus Active (indices S&P contre fonds actifs), nous racontent sempiternellement la même histoire : il est extrêmement difficile pour un gérant actif de battre régulièrement le marché américain. Les résultats de la dernière version de cette étude, arrêtés à fin juin 2024, restent impitoyables. Sur un an, 57 % des fonds investis en grandes valeurs américaines ont sous-performé le S&P 500, cette proportion montant à 85 % sur dix ans. Le choix d’outils passifs par les investisseurs européens pour investir aux Etats-Unis est visible sur le marché des ETF. « En 2024, les ETF Ucits européens ont enregistré une collecte record de 254 milliards d’euros, dont près de 80 % en actions et 39 % sur les seules actions américaines, note Benoît Sorel. Par ailleurs, les actions monde ont attiré 22 % de la collecte avec un univers au sein duquel les actions américaines sont dominantes. » Sans surprise, le célébrissime indice S&P 500 est la manière la plus standard de jouer les actions américaines. Mais Amundi a aussi lancé en 2024 un ETF sur le MSCI USA, déjà riche de plus de 650 millions d’euros d’encours : un succès à relier aux frais courants particulièrement bas, puisqu’ils se limitent à 0,03 % par an. Une tarification équivalente à l’ETF S&P 500 de SPDR. L’indice MSCI USA est-il un bon substitut au S&P 500 pour capter le potentiel du marché américain ? A vrai dire, il est peut-être encore meilleur. Si le MSCI USA est plus large que le S&P 500, avec cinq-cent-quatre-vingt-neuf valeurs, il lui est très fortement corrélé et la différence de performance annuelle entre les deux excède rarement quelques dixièmes de pourcent. Pourtant, si l’on regarde les performances entre fin 2000 et fin 2024, on constate que le MSCI USA a produit une performance de 535,8 %, supérieure aux 529,7 % du S&P 500. Ce surplus de performance n’est pas totalement dû au hasard : c’est surtout en 2020 que le MSCI USA a creusé l’écart, avec 20,7 % de performance, soit presque 3 % de mieux que son concurrent cette année-là. Ce différentiel inhabituel tient à une différence d’approche des deux indices. Le MSCI USA est basé sur des règles dictant strictement sa composition et ses rebalancements périodiques, sur la base de critères comme la capitalisation ou la liquidité boursière. Certes, le S&P 500 prend aussi en compte ces critères, mais la décision finale de composition de l’indice est « à la discrétion du comité de l’indice », cette dimension discrétionnaire étant aussi vraie pour le CAC 40, supervisé par le Conseil scientifique des indices. En 2020, une société dirigée par un patron un peu fantasque et ayant surtout prouvé sa capacité à générer des pertes depuis son arrivée en Bourse en 2010, est brutalement devenue bénéficiaire et a vu son statut changer de manière formidable, son titre étant quasiment multiplié par huit sur l’année. Son nom ? Tesla. L’indice MSCI 500, du fait de ses règles, intégrait déjà le titre depuis août 2013. A l’inverse, le comité du S&P 500 a hésité tout au long de l’année à intégrer le titre, notamment en septembre : alors même que Tesla était la neuvième plus forte capitalisation du marché, des sociétés bien plus petites, comme le site de e-commerce Etsy, lui ont été préférées. Et ce n’est qu’en décembre que Tesla a finalement rejoint le S&P500, lequel a manqué toute la hausse de l’année. Ici, les caractéristiques du MSCI USA lui ont permis de suivre plus exactement le marché. D’autres offres indicielles permettent de jouer le marché américain : le Nasdaq 100 permet d’amplifier la partie technologique, tandis que le Russell 2000 permet de s’exposer aux petites et moyennes capitalisations. Si l’on fait le pari d’une « déglobalisation » de l’économie, c’est un moyen de jouer plus spécifiquement l’économie US. Cette partie du marché a d’ailleurs réagi à l’élection de Trump et de son programme America First et peut avoir du sens à l’avenir.Diversifier son portefeuilleLes grands indices ont aussi des versions ESG, qui ont attiré une collecte significative, même si elle reste une fraction de ce que drainent les versions classiques des indices. Il faut aussi noter que la technique des « swaps » permet à certains ETF investis en actions américaines d’être éligibles au PEA. Amundi propose ainsi sous ce format des expositions au S&P 500, au Russell 2000, au DJIA et au Nasdaq 100, ainsi que les indices S&P 500 ESG et MSCI USA ESG Leaders, et même deux produits avec un effet de levier de 2 sur le Nasdaq et le MSCI USA. « L’une des raisons majeures de l’immense succès des ETF en 2024 réside dans le rôle central joué par les méga capitalisations », rappelle Benoît Sorel. Cette concentration des performances a été très pénalisante pour les gérants actifs, presque inévitablement à la traîne sur un tel millésime. « Surpondérer une valeur qui a vu son cours multiplié par dix en quelques années représente un défi important pour un investisseur, explique Benoît Sorel. Les ETF, en revanche, offrent une solution simple et transparente pour s’exposer à ces leaders sans prendre de décisions discrétionnaires complexes. » Reste que cette année où une poignée de valeurs de très grande taille a trusté les meilleures performances aboutit à une surconcentration inédite des grands indices. Ainsi, les dix plus gros composants du MSCI USA représentent plus de 35 % de sa valeur totale ! « Certains investisseurs expriment des préoccupations quant à la concentration des indices boursiers et à la valorisation élevée des méga-capitalisations, reconnaît Benoît Sorel. Pour diversifier leurs portefeuilles, les indices équipondérés offrent une solution qui a connu un réel engouement entre juillet et octobre. » Une telle solution permet un meilleur équilibre des risques. « Le choix d’un indice équipondéré permet de réduire la surexposition aux méga-capitalisations et, par conséquent, au secteur technologique, poursuit Benoît Sorel. Cela constitue une option pertinente pour ceux qui souhaitent équilibrer leur allocation tout en conservant une exposition diversifiée. » Mais réduire l’exposition à la triomphante technologie américaine n’est pas forcément une bonne idée. Ainsi, Amundi a lancé en novembre une offre alternative aux ETF équipondérés, avec deux ETF complémentaires : le MSCI USA Mega Cap et le MSCI USA Ex Mega Cap. Le premier inclut les trente-neuf plus grandes valeurs du MSCI USA et le second toutes les autres, ce qui permet d’écarter les plus grandes valeurs du marché tout en évitant les biais, notamment sectoriels, liés à l’approche équipondérée. Chaque investisseur peut ainsi gérer les poids plus ou moins importants qu’il souhaite accorder aux titans de la cote US. Un marché berceau de l’innovation Mais cette très forte concentration des marchés américains, qui pourrait se retourner à un moment ou à un autre redonne sans doute de l’intérêt à des stratégies de gestion plus actives, telles que celle que pratique le fonds Mansartis Amérique ISR. « On découvre aujourd’hui l’exceptionnalisme américain, mais ses bases sont posées depuis très longtemps. Il est notamment soutenu par l’innovation technologique, elle-même sur un écosystème qui s’est mis en place aux Etats-Unis depuis plusieurs décennies. Il y a des universités, une main-d’œuvre qualifiée, des pôles d’innovation et une capacité à financer largement les idées innovantes. C’est ce qui amène rapidement des start-up au rang de leaders mondiaux dans leurs domaines. C’est une différence majeure avec l’Europe, qui représente pourtant un bassin de consommation similaire », explique Grégoire Ginoux, gérant du fonds Mansartis Amérique ISR. De vague technologique en vague technologique, les USA restent ainsi en amont de l’innovation, quand l’Europe a tendance à suivre. Quant à l’écart de valorisation des actions entre les deux côtés de l’Atlantique, qui se creuse depuis vingt ans, il doit être relativisé. « Si l’on regarde le S&P 500 en excluant les grandes valeurs technologiques que sont les Sept Magnifiques, la valorisation n’est pas si loin de la moyenne historique, à moins de vingt fois les résultats, indique Grégoire Ginoux. Et surtout, si les sociétés cotées américaines sont plus chères, c’est aussi parce qu’elles captent une part croissante de l’économie. » Si l’innovation représente environ la moitié des investissements du fonds, réparti entre quarante-cinq titres environ, il se veut assez diversifié. « Ce n’est pas un fonds Nasdaq, résume Grégoire Ginoux. Nous cherchons des leaders innovants, mais nous nous méfions des valorisations exubérantes quand la visibilité sur la croissance des bénéfices est faible et n’investissons que dans des sociétés rentables. »Diversifier son portefeuilleCela correspond à une vision prudente, patrimoniale, permettant de se prémunir contre d’éventuels moments difficiles. Le gérant n’hésite pas à se montrer contrariant. En 2022, il a ainsi investi dans Netflix au moment où plus personne n’en voulait et, de la même manière, a profité du creux de Tesla début 2024. Plus récemment, il a renforcé le segment mid-cap. « Ce sont des sociétés plus domestiques, moins susceptibles d’être pénalisées par la force du dollar et qui vont profiter des baisses d’impôt », argumente-t-il. S’il voit la toile de fond économique américaine comme toujours positive, grâce à la solidité du consommateur et à un cycle d’investissement dopé par les programmes d’Etat – l’Inflation Reduction Act et le réglement sur les semi-conducteurs Chips Act – , Grégoire Ginoux n’exclut pas un peu plus de volatilité sur le marché. Tant mieux ! « C’est le type d’environnement permettant à une gestion active de se démarquer », estime-t-il. Comme son nom l’indique, le fonds est labellisé ISR et le restera avec les conditions renforcées du label. « Nous ne sommes pas exposés eu secteur pétrolier, et notre biais vers les valeurs de qualité et de croissance facilite l’adéquation au label », pense Grégoire Ginoux. D’autres fonds préfèrent suivre le marché américain de manière plus disciplinée, comme le fonds LBPAM ISR Actions US, qui a réussi à battre le S&P en 2024, notamment grâce à une légère surpondération de Microsoft et surtout Nvidia, la société de logiciels Broadcom et la MedTech Boston Scientific étant d’autres bons contributeurs à la performance. « Notre processus est systématique et définit une allocation du portefeuille entre sept facteurs de performance tels que la qualité, le momentum ou la croissance, explique Laurent Lagarde, responsable de la gestion quantitative de LBP AM. Mais il y a toujours un pilote dans l’avion, qui peut au besoin intervenir sur les résultats du modèle. » Il en résulte un portefeuille diversifié entre une centaine de titres visant à surperformer le S&P500. « C’est une stratégie destinée à servir de cœur de portefeuille, avec des déviations sectorielles très limitées par rapport à l’indice. Le modèle n’intègre pas d’éléments macroéconomiques, mais uniquement des métriques individuelles propres à chaque titre », précise Laurent Lagarde.Des gestions modéliséesLes actions americaines 02Chez Palatine Asset Management, le fonds Palatine Amérique cultive aussi une gestion modélisée : un processus purement quantitatif, qui bénéficie de l’apport de l’intelligence artificielle, grâce à un partenariat avec la FinTech espagnole Finaipro. « Notre univers d’investissement est l’indice S&P 500 ESG, ce qui permet de bénéficier du filtrage ESG fait par Standard & Poor’s sur le S&P 500, explique Kamal Chancari, gérant du fonds, par ailleurs statisticien et Data Scientist. Cet univers est soumis à notre processus d’analyse quantitative, sur la base de nombreuses variables : des critères macroéconomiques, d’autres spécifiques au titre, comme la performance du titre sur différents horizons de temps ou sa volatilité, les ratios financiers de l’entreprise, les variables sectorielles ou encore les indicateurs de sentiment de marché. Au total, nous observons environ deux cents variables par action. » A partir de cela, le gérant fait tourner soixante modèles mathématiques pour chaque valeur, destinés à évaluer la performance du titre dans les trois mois à venir. Comme toutes les actions ne se ressemblent pas, un méta-modèle spécifique à chaque titre est ensuite construit, pour agréger les modèles qui fonctionnent bien et écarter ceux qui ne sont pas adaptés. Une méthode qui n’est pas infaillible : ainsi, le fonds n’inclut pas de Tesla, du fait de la grande difficulté à modéliser le comportement particulièrement erratique de ce titre. « Le rôle du gérant consiste à choisir les variables explicatives ayant un pouvoir prédictif, à proposer les modèles à mettre en place, à analyser les résultats donnés par le modèle et à comprendre comment ils peuvent être optimisés », poursuit Kamal Chancari. Les titres de l’univers sont classés du plus au moins attrayant et le fonds va retenir les cinquante meilleurs. Chaque mois, si le classement d’un des cinquante titres du portefeuille tombe au-delà de la cent-cinquantième place, il va être remplacé par le titre le mieux classé n’appartenant pas encore au portefeuille. La pondération des titres n’a rien à voir avec les capitalisations boursières. « Nous utilisons des modèles comme ceux de Markowitz ou de Black Litterman pour optimiser le portefeuille en fonction de la volatilité maximale que nous acceptons », précise Kamal Chancari. La stratégie est marquée par une rotation assez forte du portefeuille, de l’ordre de 10 % par mois. « On a tendance à conserver longtemps des titres pour de mauvaises raisons, justifie Kamal Chancari. Notre processus évite justement au gérant de tomber amoureux d’une valeur. Quand nous la sortons, nous la sortons totalement, quitte à revenir plus tard. » Le recours à un partenaire technologique externe comme Finaipro a certes un coût, mais il remplace celui lié aux analystes financiers internes ou externes souvent nécessaires à une gestion active classique. Cette approche intéressante, mise en place récemment, a plutôt bien fonctionné en 2024, malgré l’absence de deux des Sept Magnifiques dans le portefeuille, et pourrait bien fonctionner dans des marchés sans grande tendance. A suivre. Recherche de l’exceptionnalitéMais est-il vraiment nécessaire d’avoir une exposition spécifique aux USA ? A vrai dire, pour y être naturellement très exposé, il suffit d’opter pour un fonds actions internationales. En général, un tel fonds va comparer ses performances à l’indice MSCI World, représentatif des grandes capitalisations boursières des marchés développés. Or, à fin 2024, les Etats-Unis pèsent 74 % de cet indice, le deuxième pays étant le Japon avec 5 %. Le fonds Optigest Monde proposé par Optigestion préfère, quant à lui, se référer au MSCI All Country World Index (MSCI ACWI), qui englobe marchés développés et marché émergents, mais où les USA demeurent ultradominants, à hauteur de 67 %. « Notre fonds est orienté vers les grandes valeurs de croissance internationales, explique Guillaume Law-Yee, analyste financier chez Optigestion. Nous n’investissons pas dans des sociétés inférieures au milliard de dollars de chiffre d’affaires, mais dans les faits, la barre est largement au-dessus, du fait de notre préférence pour les sociétés ayant de solides positions de leader sur leur marché. » Le portefeuille est assez resserré : il tourne autour de quarante valeurs et la société de gestion publie d’ailleurs chaque mois l’intégralité du portefeuille, ce qui est un louable effort de transparence. La gestion est axée sur le long terme, le taux de rotation des titres en portefeuille étant donc relativement limité. « Typiquement, les dix premières lignes pèsent 40 % du fonds, qui est un véritable portefeuille de convictions, détaille Guillaume Law-Yee. Notre ambition est d’être exposés à la quinzaine de sociétés les plus exceptionnelles au monde. Nous les recherchons partout, y compris dans les marchés émergents. » Mais, sans surprise, cette recherche de l’exceptionnalité rime souvent avec Etats-Unis en ce moment. Le fonds détient ainsi des participations dans six des Sept Magnifiques de la technologie américaine, Tesla étant la seule exception. « Ce sont des sociétés qui génèrent des niveaux de cash très importants et ce sont aussi elles qui achètent beaucoup de technologie et continuent ainsi à innover », justifie Guillaume Law-Yee. Malgré sa valorisation élevée, Nvidia reste ainsi la première position du portefeuille. « A l’avenir, Nvidia aura d’autres concurrents, mais pour le moment, la société ne parvient pas à fournir ses clients à la hauteur de leur demande et, sur les deux ou trois prochaines années, le carnet de commandes est sécurisé, explique Guillaume Law-Yee Et sa clientèle, pour l’instant surtout composée d’autres grandes sociétés technologiques, va s’étendre dans les années à venir. La croissance ne va pas rester exponentielle, mais elle va durer encore. » L’intérêt d’une telle stratégie est de permettre une exposition à la croissance américaine sans que le fonds soit contraint de se restreindre aux USA ou s’oblige à « coller » à l’indice de référence. En 2022, année difficile pour les valeurs de croissance, les gérants d’Optigest Monde s’étaient autorisés à réallouer une partie du portefeuille vers des valeurs plus défensives, comme les pétrolières. A l’automne 2022, ils ont à nouveau parié sur la Tech, avec des paris importants sur Meta, Microsoft et Amazon, pour jouer l’essor de la robotisation. En 2024, la thématique privilégiée par le fonds a été celle des infrastructures de l’intelligence artificielle, via Nvidia bien sûr, mais aussi le fabricant d’équipements de réseaux Arista Network ou Synopsys, éditeur de logiciels pour l’industrie des semi-conducteurs. En novembre, ces deux valeurs ont d’ailleurs été allégées, notamment au profit du Néerlandais ASM International. Et la Française Schneider Electric a été entrée en portefeuille. Une preuve que le fonds sait aussi trouver des idées ailleurs qu’aux Etats-Unis. « Un de nos thèmes d’investissement pour 2025 est la santé connectée », indique Guillaume Law-Yee. Demain, c’est peut-être en Inde que le fonds trouvera ses meilleures idées. Qui sait ? Avec ce type de produit, l’investisseur peut s’exposer à l’exceptionnalisme américain sans faire le pari qu’il sera là pour toujours. Clairement, il ne va pas disparaître de sitôt.