Face à un environnement économique incertain et une volatilité accrue des marchés, la dernière édition de l’enquête mondiale Schroders Global Investor Insights (GIIS) révèle que les investisseurs privilégient de plus en plus la gestion active pour renforcer la résilience de leurs portefeuilles et saisir des opportunités ciblées.
Cette évolution intervient après une période marquée par de fortes turbulences de marché, en grande partie liées à l’instauration de nouveaux droits de douane décidés par les États-Unis. Près des deux tiers des répondants (63 %) considèrent ces mesures commerciales comme le principal risque macroéconomique, loin devant l’éventualité d’une récession économique. Cette incertitude explique l’accent mis sur la « résilience des portefeuilles », désormais priorité numéro un pour 55 % des sondés.
Quels sont, selon vous, les principaux facteurs macroéconomiques qui influenceront votre stratégie d’investissement dans les 12 mois à venir ?
Parmi ceux qui placent la résilience au cœur de leur stratégie, 82 % déclarent vouloir renforcer le recours à la gestion active. Deux raisons principales motivent ce choix : la capacité à saisir des opportunités d’investissement (52 %) et à renforcer la solidité des portefeuilles (48 %).
Quels éléments renforcent votre confiance dans la capacité de la gestion active à créer de la valeur ?

Dans ce contexte, les investisseurs ciblent des opportunités de rendement à travers les marchés cotés et non cotés. Les actions cotées (46 %) et le capital-investissement (45 %) figurent parmi les classes d’actifs privilégiées. Parmi ceux misant sur les actions cotées, 51 % estiment que les actions mondiales offriront les meilleures performances.
Ce mouvement reflète une volonté de réduire le risque de concentration, notamment vis-à-vis des méga-capitalisations américaines. 74 % des investisseurs identifient d’ailleurs le S&P 500 comme l’indice qui concentre le plus d’inquiétudes en matière de concentration de marché.
Chez les investisseurs exposés aux actions cotées, 53 % privilégient une approche active pour maximiser le potentiel de rendement, contre seulement 10 % optant pour une gestion passive. En capital-investissement, 65 % plébiscitent les opérations de buyout sur les small et mid caps, perçues comme porteuses de croissance et moins sensibles aux tensions commerciales mondiales.
Vers une nouvelle approche du revenu
La génération de revenus ne repose plus uniquement sur les obligations traditionnelles. Les investisseurs se tournent vers des sources diversifiées et ajustées au risque : obligations d’entreprises, dettes privées ou crédits alternatifs.
Les actifs de dette privée et crédit alternatif (PDCA) arrivent en tête des allocations privilégiées pour générer des revenus à 12 mois (44 %), devant les actions à haut rendement (41 %) et les obligations d’entreprises cotées gérées activement (33 %).
Parmi ceux qui intègrent le PDCA dans leurs trois principales sources de revenus, les dettes d’infrastructure (63 %) et les produits titrisés (60 %) apparaissent comme des alternatives crédibles au direct lending.
Chez les gestionnaires de fortune, les produits titrisés sont considérés comme l’option la plus attractive pour des rendements ajustés au risque (64 %), devant la dette d’infrastructure (60 %) et le direct lending (56 %). À l’inverse, les investisseurs institutionnels placent le direct lending en tête (73 %), suivi de la dette d’infrastructure (64 %) et des produits titrisés (58 %).
Réalisée auprès de près de 1 000 investisseurs institutionnels et gestionnaires de fortune à travers le monde, représentant 67 000 milliards de dollars d’actifs sous gestion, l’enquête indique que 80 % d’entre eux comptent augmenter leur exposition à des stratégies d’investissement actives au cours des 12 prochains mois.