M&G Investments - Commentaire sur le marché des taux

11/04/2025 - source : Patrimoine 24

Qu'est-ce qui se cache derrière la hausse des rendements ? Que reflète-t-elle ? Les obligations d'État américaines ont, au moins temporairement, perdu leur statut de « valeur refuge » pour les investisseurs.

Wolfgang Bauer1 minWolfgang Bauer, gérant crédit européen Alors que l'aversion au risque se répand sur les marchés financiers en raison d’une guerre commerciale imminente, les rendements des Treasuries à 30 ans ont également bondi de 60 points de base en l'espace de trois séances de bourse. Il s'agit de la vente la plus agressive de bons du Trésor américain à long terme depuis la panique provoquée par le coronavirus en mars 2020.

L'une des principales raisons de ce bond des rendements est certainement les anticipations d’une hausse de l'inflation aux États-Unis en raison des droits de douane. Le spectre de la stagflation fait son apparition. Cela rend plus probable un niveau plus élevé des taux d'intérêt à long terme aux États-Unis, ce qui se reflète dans la hausse des rendements.

Une autre raison de ce mouvement de vente est l’adjudication extrêmement décevante des bons du Trésor américain à trois ans cette semaine, qui a accentué les inquiétudes concernant le niveau de la demande pour cette classe d'actifs. Le prix d'émission était supérieur de 2,4 points de base au rendement précédant l'adjudication, alors que le ratio offre/couverture est tombé à son niveau le plus bas depuis six mois.

Qui est à l'origine de la hausse des rendements ?

Cette vente massive de bons du Trésor américain semble provenir de divers acteurs du marché, tant nationaux qu'étrangers. Il est probable que certains fonds spéculatifs aient dû répondre à des appels de marge en raison de la chute des prix sur les marchés actions, ce qui explique qu'ils aient partiellement liquidé leurs positions en bons du Trésor. Si les turbulences sur les marchés des capitaux se poursuivent, les pressions vendeuses sur les obligations d'État pourrait donc persister.

Votre point de vue sur la soutenabilité de la dette américaine a-t-il changé depuis l'entrée en fonction de M. Trump ? Si oui, comment ?

D'une part, l'administration Trump s'efforce clairement de réduire les dépenses publiques, et donc le déficit budgétaire américain, par le biais du Department of Government Efficiency – de manière assez radicale dans certains domaines, comme avec l'aide au développement. Les droits de douane punitifs sur les importations permettraient également, du moins à court terme, de faire rentrer de l'argent dans les caisses de l'État.

D'autre part, les réductions d'impôts - et la baisse des recettes publiques qui en découle - étaient l'une des principales promesses de campagne de M. Trump. En outre, une récession aux États-Unis aurait un impact négatif sur la soutenabilité de la dette de deux manières : premièrement, les recettes fiscales diminueraient et, ensuite, le ratio dette/PIB augmenterait sous l’effet d'un produit intérieur brut en baisse.

Comme dans de nombreux autres domaines, la situation actuelle concernant la pérennité de la dette des États-Unis est complexe. Les tendances contradictoires décrites ci-dessus rendent les prévisions difficiles à formuler, contribuant ainsi à la nervosité des marchés et à la volatilité des taux souverains.

 

Par Wolfgang Bauer, gérant crédit européen mgi panel1

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