Entre la prise de participation majoritaire du groupe Premium, la conclusion d’un partenariat avec Players ou encore les futurs lancements d’un FPS et d’une SCPI, l’actualité est riche en ce début d’année pour Pierre Premier Gestion. L’occasion d’aller à la rencontre de son directeur du développement et associé-fondateur, Gérald Prouteau.
Investissement Conseils : Début janvier, le groupe Premium annonçait avoir pris une participation majoritaire au sein de votre société, Pierre Premier Gestion. Pourriez-vous nous expliquer les tenants et les aboutissants de cette opération capitalistique ? Gérald Prouteau : Nous avions la volonté de faire évoluer notre structure capitalistique et de permettre aux gérants de fonds d’augmenter leur participation au capital de la société de gestion, tout en permettant la sortie de certains actionnaires historiques ou leur dilution. Cette réflexion a également été l’occasion pour nous de nous projeter sur le développement de Pierre Premier Gestion à moyen et long terme, dans un marché en consolidation. Nous avons alors engagé des discussions constructives avec le groupe Premium dans le cadre d’un projet industriel et nous avons observé la qualité de leurs équipes tout au long des négociations. En effet, le groupe Premium souhaitait se rapprocher d’une société de gestion afin de proposer des solutions immobilières à l’ensemble de leurs segments de clientèle, patrimoniale, mais aussi celle de leurs structures de multi-family office. Les perspectives sont attractives, car la part de l’immobilier dans leurs allocations reste à ce jour marginale. Des synergies sont d’ores et déjà en place, des moyens généraux à la gestion des ressources humaines, alors que nous allons encore élargir notre équipe en passant de vingt à vingt-cinq personnes, notamment via la constitution d’une équipe dédiée à la création et à la gestion d’une future SCPI, distribuée en direct (hors assurance-vie), mais aussi pour proposer un fonds professionnel spécialisé (FPS) éligible à l’épargne-retraite, projet initié depuis quinze mois. Avec ces deux solutions, nous mettrons à disposition des réseaux du groupe Premium à la fois un produit de distribution et une solution de capitalisation.Pourriez-vous nous proposer quelques chiffres sur Pierre Premier Gestion ?2026 marque notre dixième année d’activité opérationnelle car, si nous avons été créés en 2015, nous avons réellement débuté l’année suivante. Au 31 décembre dernier, nos encours avoisinaient les 840 millions d’euros. Du côté de nos fonds, tous ont délivré une performance conforme à nos attentes. Elles s’élèvent à : - + 8,06 % pour notre OPPCI PPG Croissance pour la part B ; - + 6,29 % pour l’OPPCI PPG Retail pour la part A ; - et enfin + 8,39 % pour l’OPPCI BK OPCI pour la part A, bien que pénalisés par l’augmentation des droits d’enregistrement, qui a amputé d’environ 0,50 % la performance 2025. Dans tous les cas, notre volonté reste de bien maîtriser la collecte de nos fonds : c’est la meilleure garantie de pouvoir délivrer de la performance à nos investisseurs sur le long terme. De même, le financement de l’immobilier professionnel demande davantage de temps ; maîtriser notre collecte permet donc de maîtriser nos performances. En janvier dernier, vous annonciez avoir conclu un accord avec le groupe Players.Qu’en est-il ? Sur le papier, il s’agit du partenariat qui nous semble le plus abouti depuis notre création, en termes d’alignements d’intérêts. D’ailleurs, les trois associés opérationnels du groupe Players sont également associés dans les SCI qui vont détenir l’immobilier. Le groupe Players surfe sur la croissance du sport-loisir indoor, avec une quarantaine de centres exploités sous quatre marques majeures que sont Le Five, 4Padel, Zidane Five Club et Players Events. Le modèle d’exploitation développé par ce réseau national est très rentable – son ratio Ebitda/chiffre d’affaires est de l’ordre de 30 % –, ce qui assure une pérennité des loyers, avec des baux fermes de douze ans. Nous participons donc à leur développement avec l’achat de terrains et la construction de bâtiments. Nous ciblons la réalisation de trois à cinq actifs par an – soit entre 10 et 25 millions d’euros par an –, de façon dupliquée. Ce partenariat sur le sport et loisir va offrir une belle source de diversification à la performance du fonds PPG Croissance, dont le portefeuille était jusqu’ici composé à près de 75 % de bureaux transformés pour partie en ERP (établissement recevant du public) – principalement des écoles ou des centres de formation, notre savoir-faire, et pour le reste d’un data center, des murs d’un hôtel et des locaux d’activité. Pour autant, nous ne nous interdisons pas de continuer à investir dans des immeubles de bureau en région, notamment sur les surfaces allant de 150 à 600 m2, un segment où les taux d’occupation restent élevés dès lors que les biens sont accessibles en transport et disposent de parking.Qu’en est-il des performances et de la politique de gestion de votre autre fonds ouvert, l’OPPCI PPG Retail ?PPG Retail, un OPPCI à effet de levier de 183 millions d’euros d’actif brut, poursuit sa stratégie centrée sur le commerce de périphérie, principalement les retail parks, avec une connotation sur l’alimentaire, la restauration traditionnelle et le discount. Ses taux d’occupation financier et physique sont supérieurs à 98 %, ce qui nous permet de délivrer une performance régulière. Nous étudions plusieurs projets d’investissement sur le premier semestre, avec des taux de rendement immobilier cible supérieurs à 7,5 % AEM.Pourriez-vous nous présenter vos projets de créations de deux nouveaux véhicules : le FPS et la SCPI ?Ce FPS a pour vocation d’obtenir de l’Autorité des marchés financiers un agrément dans le cadre de la réglementation dite Eltif 2 afin de le proposer à une clientèle non professionnelle. Dans un premier temps, le fonds sera éligible au compte-titres afin de construire son track-record, mais a vocation, dans un second temps, à être éligible à l’assurance-vie, mais surtout au plan d’épargne-retraite, car ce type d’enveloppe comprend généralement moins de solutions immobilières accessibles. Ce fonds sera thématique car il investira sur l’ensemble de la chaîne alimentaire, un domaine que nous connaissons bien. Quant à la SCPI, le projet est assez ambitieux et passe par le recrutement d’une équipe de gestion dédiée, en cours de finalisation. Il s’agira d’un véhicule qui investira de façon diversifiée et à l’échelle européenne. Son lancement devrait intervenir après agrément de l’Autorité des marchés financiers, à l’approche de l’été prochain.