Robeco - Débat sur l'investissement durable : la COP30 progresse dans l'ambiguïté

08/01/2026 - source : Patrimoine 24

Robeco maintient le cap – c'est l'idée maîtresse de notre plan de transition pour le climat et la nature 2025-2030. Mais qu'en est-il des gouvernements ? Quelles avancées ont-ils réalisées lors de la COP30 à Belém ? Dans cette chronique, nous analysons les résultats du sommet annuel sur le climat et leur pertinence pour les investisseurs.

Des différences régionales amplifiées

La COP30 a montré une fois de plus que la collaboration multilatérale a été sérieusement érodée. Après les échecs, en début d'année, du traité des Nations Unies sur les plastiques et de la taxe mondiale sur les émissions du transport maritime international, la COP30 a produit un maigre résultat en séance plénière, sans aucune formulation utile sur les combustibles fossiles, ni nouveaux objectifs contraignants.D'un autre côté, la COP30 a réaffirmé l'engagement des pays à atteindre les objectifs de l'Accord de Paris, mobilisé de nouveaux outils de financement de l'adaptation climatique et lancé plusieurs initiatives pour accélérer la transition énergétique, en particulier dans les économies émergentes. Comme le dit Ana Toni, la directrice générale de la COP30 : « Nous sommes allés dans la direction que nous devions prendre, mais pas à la vitesse voulue. »Il est remarquable que les deux priorités de la présidence brésilienne de la COP30 – la lutte contre la déforestation et l'abandon progressif des combustibles fossiles – aient été avancées en dehors de l'ordre du jour de la plénière comme des initiatives distinctes à mettre en œuvre par des coalitions de pays. Cette ambiguïté montre clairement que la transition climatique est une transition à plusieurs vitesses. La fragmentation géopolitique a amplifié les différences régionales et accentué l'inégalité des risques et opportunités liés à la transition entre les secteurs et les régions. Explorons cela pour les deux thèmes prioritaires de la COP30.Une transition énergétique à plusieurs vitesses

En tant que neuvième producteur mondial de pétrole, le Brésil a proposé de discuter d'une feuille de route pour l'abandon des combustibles fossiles. Fortement contestée en séance plénière, l'initiative sera portée par un groupe de 80 pays sous l'égide de l'UE. Toutefois, des acteurs clés comme les États-Unis, la Chine, l'Inde, la Russie et l'Arabie saoudite manquent à l'appel.Alors que la COP30 n'a pas réussi à donner un signal politique clair sur les combustibles fossiles, les Perspectives énergétiques mondiales 2025 (WEO)1 , publiées par l'Agence internationale de l'énergie (AIE) juste avant la COP30 ne laissent planer aucun doute sur la direction à prendre. Ce rapport montre que, quelle que soit la politique suivie, le monde se dirige vers l'« âge de l'électricité ». Même dans le scénario le plus prudent, les énergies renouvelables augmentent plus rapidement que toute autre source d'énergie importante.

Dépasser le charbon

Dans tous les scénarios, la demande de charbon diminue. Cette tendance s'est manifestée lors de la COP30 avec la signature par la Corée du Sud et le Bahreïn de l'Alliance Powering Past Coal2. Pour ce qui est du pétrole et du gaz, la demande future varie considérablement d'un scénario politique à l'autre. Les deux combustibles sont appelés à rester dans les décennies à venir, mais ils ne sont pas exempts de risques, précisément en raison de l'incertitude politique. Par exemple, l'AIE souligne à plusieurs reprises le risque d'une importante pénurie de GNL en 2030.Le WEO indique clairement que la poursuite du développement des énergies propres transforme la structure du système énergétique mondial. Ce gigantesque changement se déroule sans que les gouvernements ne l'orchestrent. Les investisseurs devraient donc s'attendre à une transition désordonnée, avec des écarts régionaux croissants en termes de vitesse et des primes de rendement amplifiées pour les opportunités et les risques par région, par secteur et au fil du temps.La cohérence n'est pas au rendez-vous. Par exemple, même si la politique climatique a considérablement reculé cette année, les valeurs liées aux énergies propres connaissent un fort rebond et ont surperformé l'indice mondial de plus de 25 % depuis le début de l'année. 3

L'adaptation et la nature en point de mire

L'ambiguïté politique concernant les combustibles fossiles renforce la réalité : les températures continueront d'augmenter et les phénomènes météorologiques extrêmes se multiplieront. L'un des résultats marquants de la COP30 a été l'objectif de tripler le financement de l'adaptation d'ici 2035. Les gouvernements ont également mis l'accent sur la protection de la nature et les solutions fondées sur la nature.Le Fonds pour les forêts tropicales (FFT) a été lancé avec des engagements à hauteur de 6,7 milliards de dollars et un objectif à long terme d'investissement de 125 milliards de dollars. Étant un des premiers partisans du développement du FFT, Robeco a mené un engagement d'investisseur collaboratif avec le gouvernement néerlandais qui a abouti à une contribution financière aux coûts de démarrage du fonds.Alors que les possibilités d'investissement dans l'adaptation et la nature sont encore naissantes, la COP30 envoie un message clair selon lequel ce marché est en pleine expansion. Contrairement à l'atténuation des effets du réchauffement climatique, les pays n'ont pas le choix d'opter pour l'adaptation climatique : ils devront le faire quoi qu'il arrive.

 

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Par Emily Homer, Climate Specialist, et Lucian Peppelenbos, Stratégiste Climat & Biodiversité

 

 

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