Robeco - Débat sur l’investissement durable : le stewardship est mort, vive le stewardship !

30/04/2025 - source : Patrimoine 24

Ces dernières décennies, les investisseurs institutionnels se sont vu accorder davantage de droits et de responsabilités vis-à-vis des sociétés cotées en bourse, afin d’être mieux à même de demander des comptes aux entreprises dans lesquelles ils investissent. Pourtant, ces dernières années, l’influence des investisseurs institutionnels semble de plus en plus menacée.

Résumé :  

Les tendances récentes constituent une menace pour les droits et les responsabilités des actionnaires

L’exercice des droits des actionnaires est un élément important de l’investissement (durable)

Les investisseurs devraient pouvoir poser aux entreprises toutes les questions qu’ils jugent pertinentes

Les investisseurs institutionnels ont souvent un horizon d’investissement à long terme, une approche professionnelle de l’investissement et un pouvoir d’influence suffisant avec leurs droits de vote. Cela signifie qu’ils peuvent utiliser leur statut d’actionnaire pour insuffler des changements positifs dans les entreprises de leur portefeuille, mais aussi dans l’économie et la société dans son ensemble.Aujourd’hui, alors que le réchauffement climatique, les tensions géopolitiques, les guerres commerciales et le débat de plus en plus politisé sur l’investissement durable font la une de l’actualité, cette tendance ne reçoit plus beaucoup d’attention. Pourtant, les actionnaires devraient s’en préoccuper.

De la sortie à l’exercice des droits

Les droits de contrôle des actionnaires sont presque aussi vieux que la première société cotée en bourse. En tant que copropriétaires, les actionnaires ont toujours voulu avoir un certain pouvoir d’influence afin de s’assurer que les intérêts de la direction sont alignés sur les leurs. Jusqu’à il y a une dizaine d’années, les investisseurs institutionnels ne faisaient pratiquement jamais usage de leurs droits d’actionnaires et ne cherchaient pas à influencer activement les entreprises, surtout en comparaison avec les grands détenteurs de blocs d’actions ou les hedge funds activistes.C’était logique, vu que les investisseurs institutionnels détiennent en général des portefeuilles très diversifiés, ne possédant qu’une fraction de la majorité des entreprises dans lesquelles ils investissent. L’effort n’était souvent pas jugé rentable par rapport aux bénéfices escomptés.Si les actionnaires n’étaient pas satisfaits d’une entreprise, la pratique courante consistait à « voter avec leurs pieds », c’est-à-dire vendre leurs actions et investir ailleurs. Si l’on se réfère au traité influent d’Albert Hirschman, « Exit, Voice and Loyalty », on peut dire que les investisseurs institutionnels, compte tenu des options dont ils disposent, ont tendance à privilégier la sortie et la loyauté plutôt que de faire entendre leur voix.

 

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Article rédigé par Masja Zandbergen-Albers, Head of Sustainability Integration et 

Michiel van Esch, Head of Voting

 

 

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