Un nouveau consolidateur sur le marché des CGP

01/03/2025 - source : Investissement Conseils

Issu de la réunion de cinq cabinets membres du Cercle France Patrimoine, Emeraude Capital fait son entrée sur le marché des consolidateurs avec le soutien de deux fonds de capital-investissement d’Abenex et Arkéa Capital. Son président, Régis Hervé, nous présente la genèse de ce nouveau groupe et ses ambitions.

Un nouveau consolidateurOKInvestissement Conseils : Pourriez-vous nous présenter les circonstances de la création d’Emeraude Capital ?Régis Hervé : Emeraude Capital est né de la réunion de cinq cabinets (cf. encadré), dont les dirigeants se connaissent depuis plus de dix ans et qui se sont rencontrés dans le cadre du groupement associatif, le Cercle France Patrimoine. Fréquemment, nous prolongions nos discussions sur des sujets stratégiques et communs à nos cabinets. Ce lien s’est créé naturellement, car nous partageons des valeurs et une pratique commune de notre métier basée sur l’étude et la structuration juridique et fiscale des patrimoines de nos clients avant toute préconisation produit, le tout avec une grande proximité. Progressivement, nous avons partagé des moyens et outils : nos prestataires de services sont devenus communs, tout comme nos documents réglementaires par exemple. Après la crise sanitaire, nous avons également uni nos forces autour d’un fonds dédié, Canopée Equilibre, géré par DNCA (+ 9,97 % en 2024 et + 8,50 % en 2023, source : Quantalys, ndlr). Il y a deux ans, les uns après les autres, nous avons été approchés par les différents consolidateurs du marché, mais aussi par des fonds d’investissement. Nous avons alors décidé de rencontrer chacun d’entre eux de façon collective. Alors que nous avions tous le désir de poursuivre notre développement, nous nous sommes davantage retrouvés dans un schéma d’indépendance accompagné par des fonds de Private Equity plutôt que l’hypothèse d’intégrer des organisations préexistantes avec lesquelles nous n’étions pas totalement en phase. Nous avons souhaité créer quelque chose à notre image. Pour cela, nous avons recherché des partenaires financiers qui nous accompagnent également de façon opérationnelle dans la structuration de notre groupe. Notre choix s’est alors porté sur Abenex et Arkéa Capital qui ont acquis une participation minoritaire. Parallèlement, des cadres et CGP clés de chacune de nos structures étaient déjà entrés au capital de nos cabinets. A l’occasion de la fusion, nous avons renforcé cette dimension, et ce sont aujourd’hui onze associés personnes physiques, âgées de trente à cinquante-cinq ans, qui disposent de la majorité du capital d’Emeraude Capital. Cette fusion de cinq cabinets, couplée à l’arrivée de fonds de capital-investissement, est une démarche hyper-stimulante que nous avons pu mener à bien grâce à la passion que chacun des collaborateurs et associés a mise dans ce projet. Nous nous félicitons d’y être parvenus.Pourquoi avoir décidé de faire entrer deux fonds de capital-investissement ?Se réunir entre quelques cabinets n’aurait eu aucun sens sans le soutien de partenaires financiers. La pertinence d’un modèle qui s’appuie, en partie, sur de la croissance externe a ses limites si l’on ne dispose pas du soutien de partenaires qui nous apporte leur savoir-faire, leurs moyens financiers et humains avec la mise à disposition de profils spécialisés (ressources humaines, technologies de l’information, etc.). Chacun de nous avait déjà réalisé des acquisitions, et nous avions atteint nos limites avec nos partenaires bancaires. Par ailleurs, avoir deux fonds de Private Equity à nos côtés nous permet de nous appuyer sur des équipes et des écosystèmes plus larges.Quelle proposition de valeur offrez-vous aux CGP qui pourraient vous rejoindre par croissance externe ?Tout d’abord, je précise que nos cabinets conservent leur identité car elles sont ancrées dans leurs territoires. En effet, chaque structure a son histoire et doit conserver sa proximité avec sa clientèle. Cela est également valable avec nos partenaires car, si une solution d’investissement est retenue de manière collégiale, nous avons souhaité que nos fournisseurs continuent de suivre nos cabinets via leurs commerciaux régionaux et non pas comme un grand compte. Nous souhaitons rester fidèles à cela et à la dynamique entrepreneuriale de chaque cabinet. Par exemple, cela se traduit par la conservation des équipes en région, notamment le back-office qui entretient un lien étroit avec la clientèle. Pour ceux qui souhaiteraient s’adosser à Emeraude Capital, nous proposons les outils que nous avions identifiés comme manquants dans nos structures respectives, comme un RCCI, des process réglementaires communs, une sélection approfondie des produits, des partenariats de référence, l’harmonisation et l’automatisation des tâches à faible valeur ajoutée ou encore la mise en place d’un contrôle de gestion appropriée à notre activité. Surtout, nous partageons avec eux un exercice du métier fondé sur le besoin du client et le conseil en stratégie patrimoniale. Nous disposons d’ores et déjà d’une équipe de cinq ingénieurs patrimoniaux.Quel type de cabinet recherchez-vous ?Ce n’est pas la taille des cabinets qui est, pour nous, le critère de sélection, mais, comme indiqué précédemment, le partage d’un même socle de valeurs autour du respect du client. Aujourd’hui, nous souhaitons, tout d’abord, nous renforcer dans la dizaine de villes, où nous sommes d’ores et déjà présents, afin de sécuriser le groupe et de mieux intégrer les équipes, ce qui est d’autant plus vrai lorsqu’il s’agit d’acquérir une structure dont le dirigeant part à la retraite. Toutefois, nous restons ouverts à toute opportunité, notamment celle d’un dirigeant arrivé à un certain stade de développement, avec du personnel, et qui souhaite s’adosser à une structure.Quelle formule d’acquisition leur proposez-vous ?Il n’y a pas de schéma prédéfini : nous nous intéressons à la situation de chacun pour déterminer la solution qui convient à toutes les parties : rachat total, association au sein de la holding, au sein du cabinet…Quels sont vos objectifs à moyen terme ?Notre volonté est, d’ici cinq ans, de multiplier par deux et demie nos encours pour atteindre 2 milliards d’euros, par croissance interne et externe.Pourriez-vous rapidement acquérir une société de gestion par exemple ?Non. Nous disposons déjà d’un fonds dédié qui fonctionne bien avec DNCA et un second, plus dynamique est en cours d’agrément auprès de l’Autorité des marchés financiers. C’est davantage l’évolution de la réglementation qui pourrait nous pousser à passer ce cap.

Cinq cabinets pour un total de 800 millions d’euros d’encoursEmeraude Capital est issu du rapprochement sous une entité commune de cinq cabinets de conseil en gestion de patrimoine : Capital Confiance (Régis Hervé et Laure Mezou), Magister Patrimoine (Benjamin Continente et Lise Vilela-Martins), Cozanet & Cie (Christophe et Marie-Aimée Cozanet), Atlantique Patrimoine Conseil (Nina Moisan et Aloïs Lecomte) et La Financière d’Emeraude (Sébastien Mouazé). A sa création, l’entité, dont le siège est à Quimper, représente : - 12 implantations réparties de Brest à Ciboure et en Occitanie ; - 800 millions d’euros d’actifs sous gestion ; - 80 millions d’euros de collecte brute ; - 30 collaborateurs ; - et plus de 4 500 clients. Régis Hervé a pris la présidence du groupe, accompagné de Christophe Cozanet, en charge des opérations de croissance externe, et Benjamin Continente.