L’Afer lance un nouveau contrat d’assurance-vie sans rétrocessions de commissions sur les unités de compte (UC). Un choix à rebours du marché, tout comme l’inclusion d’un fonds en euros assorti d’une garantie de fidélité. Un pari gagnant ?
Afer Génération. Tel est le nom de la nouvelle assurance-vie de la puissante association d’épargnants Afer, pesant 55 milliards sous gestion et comptant sept-cent-quarante-huit mille adhérents. Elle s’inscrit en complément du multisupport existant, toujours commercialisé. Du reste, dans les deux cas, un même assureur aux commandes : Abeille Assurances. Et un mode de distribution identique, reposant sur les réseaux salariés ou d’agents généraux d’Abeille et sur les indépendants (courtiers et conseillers en gestion de patrimoine). A ce titre, Albéa Patrimoine (ex-Epargne Actuelle), filiale de la compagnie, est le premier distributeur-courtier de l’Afer, avec plus de deux-cent-quarante mille clients.Pas de rétrocessionsAccessible avec un premier versement de 1 000 euros ou plus, complété ensuite par des primes de 100 euros minimum (50 euros par mois si elles sont programmées), cette assurance-vie marque une rupture avec le marché, à double titre. Premier trait, Afer Génération contient uniquement des UC dites clean-shares, donc sans rétrocessions des sociétés de gestion pour les distributeurs et assureurs. Résultat, les frais de gestion financière des unités de compte y sont moins élevés (un point de moins en moyenne) que sur les UC avec rétrocessions. A contrario, les frais de gestion du contrat sont majorés, portés à 1,175 % par an dans Afer Génération, contre 0,475 % dans le contrat multisupport standard de l’association et 0,90 % en moyenne sur le marché. « Ces frais intègrent désormais la rémunération des conseillers, qui reste la même quelle que soit l’unité de compte conseillée », commente Gérard Bekerman, président de l’association. Ce qui permettrait d’éviter certains conflits d’intérêts dans les préconisations de fonds par les conseillers. « L’affichage des frais devient ainsi plus clair et transparent, poursuit Gérard Bekerman. Avec une gamme complète de fonds sous ce format, nous faisons aujourd’hui le pari de démocratiser le clean-share, c’est le sens de l’histoire. » Cette pratique est, en effet, marginale sur le marché aujourd’hui, présente seulement dans l’offre de quelques FinTechs (Goodvest, Nalo, Yomoni) ou d’une autre association d’épargnants, le Gaipare (trente-huit mille adhérents). Un fonds en euros atypiqueSecond axe de différenciation : la présence d’un fonds en euros à prime de fidélité. Ce concept n’est pas nouveau en soi, les assureurs ayant déployé par le passé des contrats à bonus de fidélité (notamment pour échapper à l’ex-ISF). Mais il a aujourd’hui quasiment disparu des linéaires commerciaux (hormis chez Allianz). Son principe : majorer le rendement du fonds en euros sous réserve d’y investir sur une longue durée, huit années dans ce contrat. En pratique, les intérêts générés chaque année par le fonds EuroGénération (après passage des frais de gestion de 0,625 %) seront mis de côté pour être restitués au terme des huit ans, avec un bonus minimum de 10 %. Illustration : si le support en euros a généré 10 000 euros d’intérêts pendant huit ans, il sera restitué a minima 11 000 euros à l’assuré. Sous le capot, c’est plus compliqué, puisque les gains sont affectés sous forme de parts dans un support nommé Afer Génération Dynamisant (frais de 0,525 % par an). Cette part a une valeur liquidative, un point déterminant au jour des huit ans pour savoir ce qui reviendra à l’assuré, même si l’assureur garantit a minima 10 % de majoration.Architecture ouvertePoint clé : tout retrait avant huit ans prive l’épargnant de cette prime de fidélité, sauf cas spécifiques (invalidité ou décès de l’assuré notamment), qui ne récupère alors que les sommes versées nettes de frais d’entrée (0,50 %). « C’est un contrat pour ceux qui veulent s’engager dans le temps », conclut Gérard Bekerman. Au terme des huit années, les taxes sociales seront prélevées sur les gains de fidélité restitués, ces derniers étant alors reversés sur le fonds en euros classique (inaccessible jusque-là). Attention, le support de fidélité n’est pas accessible passé soixante-et-onze ans, rendant le contrat sans attrait pour les septuagénaires et suivants. Pour le reste, cette assurance-vie se veut compétitive. D’où des frais sur versements nuls sur les unités de compte et limités à 0,50 % sur le fonds en euros fidélité (idem sur le classique passé huit ans), et l’absence de frais sur les arbitrages. L’offre financière est en architecture ouverte, avec une quarantaine de supports, en grande partie gérés par Ofi AM (filiale du groupe mutualiste Aéma, dont Abeille est aussi filiale), et une dizaine d’ETF. Une option de gestion sous mandat est enfin proposée, aux mains de Ofi AM, moyennant 0,25 % de frais de gestion annuels supplémentaires (soit 1,425 % au total).