Adequity, qui fêtera l’an prochain son vingt-cinquième anniversaire, accompagne la croissance du marché des conseillers en gestion de patrimoine et des produits structurés grâce à ses innovations, son équipe commerciale et une plus grande accessibilité de ses produits notamment. Entretien avec son directeur, Maxime Namysl.
Investissement Conseils : Pourriez-vous nous présenter Adequity en quelques phrases ?Maxime Namysl : Adequity est la marque du groupe Société générale dédiée aux produits structurés à destination des cabinets de conseil en gestion de patrimoine. L’an prochain, nous fêterons notre 25e anniversaire, et nous sommes reconnus pour avoir toujours été présents à leurs côtés, que ce soit dans les années de belle collecte que dans les moments les plus compliqués sur les marchés, comme en 2008 et 2020. Nos services et notre conseil sont, en effet, importants dans les périodes chahutées. Adequity, c’est aussi une équipe de dix personnes présentes sur l’ensemble du territoire afin d’accompagner nos partenaires à proposer le produit qui correspond au profil de risque et aux objectifs du client selon les opportunités de marché. Nous profitons de la hausse de la part de marché des conseillers en gestion de patrimoine pour augmenter notre collecte. Après avoir émis pour 2,5 milliards d’euros en 2023, nous avons émis 3 milliards d’euros l’an passé, et notre croissance ne faiblit pas, puisque nous avons émis pour 2 milliards d’euros sur les six premiers mois de l’année.Comment expliquez-vous la hausse de vos émissions ?Outre le fait que les conseillers en gestion de patrimoine gagnent des parts de marché, l’appétence des investisseurs pour ce type de produit croît d’année en année, d’autant plus que les produits ont évolué et correspondent mieux à leurs attentes. Ces dernières années, nous avons bénéficié de la hausse des taux à long terme, en 2022 et 2023, pour proposer, à nouveau, des produits à capital garanti à terme ou à remboursement anticipé. Cela a représenté une part importante de notre collecte et nous a permis de servir la clientèle au profil de risque le plus sécuritaire. Cela a notamment été l’occasion pour certains investisseurs d’investir en unités de compte et d’obtenir un boost de performance sur le fonds en euro. D’ailleurs, nous travaillons en collaboration avec les assureurs – 80 % de notre collecte passe par l’assurance-vie – et c’est également notre rôle d’échanger avec eux pour présenter nos innovations et faciliter leur référencement. Ainsi, on estime qu’au global, sur les 15 milliards d’euros de produits structurés distribués par les CGP en 2024, la part des produits à capital garanti s’élevait à 45 %.
Quelles sont vos dernières innovations ?Nous avons beaucoup travaillé sur les produits à capital garanti. En octobre 2023, au pic de la hausse des taux à 3,40 %, nous avons conçu des produits à coupon fixe, remboursables au gré de l’émetteur. Puis la baisse des taux s’est amorcée et nous avons créé des produits, toujours à capital garanti et versant un coupon dans un contexte de baisse des taux jusqu’à une certaine barrière. Par exemple, il s’agit de verser un coupon de 7 à 8 % par an si le taux du CMS dix ans reste inférieur à 3 % avec une clause de remboursement anticipé selon si le son taux descend jusqu’à un certain niveau, 2,30 % par exemple. Aujourd’hui, nous proposons également ce type de produit, mais sur des sous-jacents de plus court terme, l’Euribor trois ou douze mois. Ainsi, si le taux de l’Euribor reste inférieur à une certaine barrière, le coupon (entre 7 et 8 % également) est versé ; s’il baisse encore plus en dessous d’un second seuil, l’investisseur est remboursé par anticipation et perçoit ses coupons selon le nombre d’années écoulées. Ce type de produit a bien fonctionné et a permis à nos partenaires de se positionner sur le cycle de baisse des taux amorcé par les banques centrales.
Sur les autocalls, quel est votre conseil actuellement ?Il est vrai que nous évoluons dans un contexte de forte volatilité avec les différentes annonces de Donald Trump. Nous nous attendons ainsi à des pics de volatilité tout au long de son mandat. Pour répondre à cette problématique, nous avons deux conseils : - intégrer des mécanismes défensifs dans les formules : optimisation du point d’entrée en le fixant au cours le plus bas sur une période donnée (best-strike), optimiser la sortie en mettant en place des barrières de remboursement dégressives dans le temps, sécuriser les coupons qui seront versés jusqu’à une certaine baisse du sous-jacent ou encore augmenter les fréquences de remboursement pour maximiser les chances de rappel anticipé ; - et diversifier les sous-jacents aussi bien sur le plan géographique que sectoriel, tout en misant, pourquoi pas, sur des segments décotés, comme le luxe et la Chine. En effet, nos partenaires réalisent désormais de véritables allocations en produits structurés avec une diversification géographique et une diversification des échelles de risques des produits qui composent leurs portefeuilles.Proposez-vous toujours des produits de campagne ?Nous sommes passés d’un monde où, il y a encore quatre ou cinq ans, nous distribuions des produits de campagne sur une période de commercialisation allant de trois à cinq mois à des produits dédiés. En effet, grâce aux évolutions technologiques, nous avons gagné en flexibilité avec des produits accessibles à partir de 100 000 euros et construits pour un cabinet, ou un groupement de cabinets, qui maîtrise ainsi la thématique de la solution d’investissement et ses dates de commercialisation. Il s’agit aussi de pouvoir saisir des opportunités de marché offertes par les pics de volatilité sur les taux ou sur les actions. Par exemple, l’annonce du plan de relance budgétaire de l’Allemagne début mars avait provoqué une hausse des taux et des spreads qui nous a permis de lancer en peu de temps une centaine de produits à capital garanti. Depuis le début de l’année, nous avons d’ores et déjà construit quatre cents produits dédiés. Néanmoins, s’ils ne représentent désormais plus que 10 % de notre collecte, nous proposons toujours des produits de campagne, car il est important de toujours avoir ce type de solution sur l’étagère. Elles permettent ainsi à nos partenaires de pouvoir les tester ou elles peuvent répondre à un besoin ponctuel d’un cabinet.
Avec l’arrivée de nouveaux émetteurs et la multiplication des brokers, comment observez-vous la concurrence sur votre marché qui augmente d’année en année ?Ce mouvement ne nous surprend pas, car il se nourrit de la croissance du marché de la gestion de patrimoine. Cette concurrence nous challenge et nous force à innover comme nous avons toujours su le faire, dès 2014 par exemple, avec le lancement du premier indice à décrément, ou encore en 2019 par la conception d’autocalls, avec des OPCVM comme sous-jacents, ou plus récemment avec nos produits à capital garanti. Pour cela, nous nous reposons sur une équipe de structuration la plus fournie du marché, avec une quinzaine de personnes dédiées au marché des CGP. Un mot sur vos services digitaux ? Nous proposons à nos partenaires les plus aguerris de « dessiner » leurs produits selon les formules de leur choix via notre plate-forme SG Markets. Prochainement, nous allons répondre au besoin de suivi de leurs produits via une interface leur permettant d’observer l’évolution de leurs différents produits et portefeuilles. Ces services digitaux s’accompagnent de notre présence sur le terrain que nous allons encore renforcer cette année, toujours dans l’optique d’apporter le meilleur conseil pour concevoir le produit répondant au mieux aux objectifs et profil de risque du client.