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Vontobel - Le revirement sur les droits de douane altère les perspectives des obligations

20/06/2025 - source : Patrimoine 24

Bien que les droits de douane aient considérablement dégradé les perspectives économiques et accru la volatilité sur les marchés des taux, l’assouplissement de la position des États-Unis a rétabli la confiance dans la performance du crédit en 2025.

En bref

Si les marchés ont salué l’assouplissement de la position des États-Unis après le 2 avril, l’incertitude liée aux droits de douane demeure un risque sérieux pour la croissance et leur impact inflationniste place la Fed dans une position délicate.

Nous anticipons une nouvelle détérioration des données économiques dans les mois à venir, même si le ralentissement économique attendu aux États-Unis ne devrait pas conduire à une récession, au vu de la solidité des fondamentaux des entreprises.

Le contexte macroéconomique en Europe a moins souffert que celui aux États-Unis et nous continuons de considérer les marchés obligataires européens comme une alternative de plus en plus attrayante.

Concernant le crédit européen, nos préférences vont aux titres financiers et aux CLO qui affichent des fondamentaux solides et des rendements ajustés au risque attractifs.

En amont de 2025, nous prévoyions que, même si les droits de douane figuraient en tête de liste des catalyseurs potentiels du creusement des spreads, un contexte macroéconomique caractérisé par une baisse des taux d’intérêt et une croissance mondiale solide permettrait au crédit de surperformer les emprunts d’État et de procurer des rendements totaux solides pour les investisseurs obligataires.

La politique radicale de droits de douane réciproques de l’administration Trump, dévoilée le 2 avril, a menacé de remettre en cause cette prévision ; une récession américaine et mondiale est devenue le scénario de référence dominant, mettant en péril la performance du crédit, tandis que les bons du Trésor américain devenaient une couverture moins efficace en période d’aversion au risque et de réputation.

Les marchés ont depuis été rassurés par l’assouplissement de la position des États-Unis, le président Trump ayant été suffisamment ébranlé par les réactions négatives (en particulier la flambée des rendements des bons du Trésor américain) pour instaurer des pauses de 90 jours, maintenant les droits de douane à 30% pour la Chine et à 10% pour tous les autres pays. Le rendement total des marchés obligataires est désormais largement en territoire positif depuis le début de l’année, et les indices boursiers sont également sur le point d’effacer les pertes subies sur cette même période.

Dans l’état actuel des choses, les droits de douane finiront probablement par être inférieurs au scénario quasi catastrophique dévoilé le « jour de la libération », tout en demeurant nettement supérieurs aux anticipations du début de l’année.

La question est la suivante : quelles en sont les conséquences pour les obligations et nos projections pour 2025 ?

Les droits de douane demeurent un risque sérieux pour la croissance

Si les marchés ont salué l’assouplissement de la position des États-Unis, le taux moyen effectif des droits de douane auquel sont confrontés les consommateurs américains s’élève désormais à 17,8%, selon le Yale Budget Lab (il était de 27,6% avant l’accord avec la Chine du 12 mai).

Selon nous, il est raisonnable de penser que les négociations avec les partenaires commerciaux des États-Unis permettront en fin de compte de ramener le taux moyen à un niveau proche de 15%. Mais cela reste à comparer aux 2,5% en vigueur lors de l’entrée en fonction de Trump, et ce taux se serait situé à l’extrémité basse des prévisions à l’entame de 2025.

 

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Par Felipe Villarroel, Partner, Portfolio Management

  

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